Le
Niger est le pays du Sahara et des sahariens.
Il tient son nom du fleuve, qui baigne sa capitale, Niamey, une vraie
ville africaine de par sa simplicité, entre tradition et modernité.
Son beau musée national consacré aux différentes
ethnies et de leurs artisanats, et le marché animé sont
des points d’attraction pour les voyageurs
La savane du Sud-Ouest se fond progressivement dans le Sahel central,
qui se perd lui-même peu à peu dans les sables du grand désert
du Ténéré. Au Nord-Est s’élève
le massif de l’Aïr, composé de formations volcaniques
dont les contreforts sont formés des hautes dunes du Sahara.
Le grand fleuve
Le territoire du Niger, occupé entre le Xème
et le XVIIème siècle par les grands empires du Kanem-Bornou,
des Songhaïs, des Haoussas et par de puissants sultanats, était
parcouru par les caravanes des commerçants arabes. Il est resté
ignoré en Europe jusqu’au XIXème siècle, jusqu’
à ce que le légendaire Mungo Park rallie les rivages du
fleuve Niger. Mais c’est encore aujourd’hui une partie du
monde peu connue, où le rythme de la vie est imposé par
celui des saisons, incroyablement loin de notre mode de vie.
Plusieurs populations y habitent : les Haoussas agriculteurs et commerçants,
les Djermas et les Songhaïs, les Gourmantchés vers le Burkina,
les Kanouris descendants de l’empire de Bournou, les Toubous nomades,
les Arabes, les Peuls bergers, les Touaregs, légendaires «
hommes bleus ». Le paysage aride et pauvre est clairsemé
de leurs villages traditionnels de cases et greniers en argile et aux
toits de paille, avec des formes des plus variées, rondes, coniques,
pointues : ce sont des volumes et des lignes pures qui ont souvent inspiré
l’imagination de nos architectes modernes.
Le long des routes et des pistes, hommes, femmes et enfants marchent avec
leurs fardeaux de bois ou d’eau ainsi que leurs productions agricoles
destinées au marché, lieu de rencontre et d’ échange
entre les différentes ethnies. Les rares puits sont aussi un lieu
de rencontre pour les hommes; l’eau est tirée avec des pompes
rudimentaires ou avec de simples seaux, souvent à l’aide
de chameaux ou d’ânes. C’est la dure vie quotidienne
des gens qui ont appris à survivre dans un pays aride, avec peu
de ressources, sans pour autant perdre leur joie de vivre.
Traces d’histoire légendaire
L’histoire est omniprésente : les héritiers
des anciens rois et sultans ont gardé leur autorité et sont
honorés et respectés par leurs peuples. Mais la plus ancienne
empreinte du passé est un incroyable… cimetière de
dinosaures, au sud d’Agadez.
L’érosion éolienne et aquatique a dégagé
du sable les grands os blancs de ces énigmatiques animaux, qui
autrefois habitaient les verdoyantes forêts de ce qui est aujourd’hui
le Sahara.
Des cailloux colorés, projetés par on ne sait quel volcan,
des sédiments d’anciens lacs salés, des arbres fossiles
sont autant d’autres curiosités attrayantes.
L’arbre du Ténéré, désormais mort et
remplacé par une structure en métal, nous rappelle que nous
sommes dans le plus mystérieux et inhospitalier des déserts,
le Ténéré. La traversée est rude, mais toujours
surprenante : le charme du désert n’est pas un vain mot car
il touche le fond de l’âme.
Fachi est une oasis de palmiers à dattes. A Bilma les caravanes
de chameaux sont chargées de cônes de sel et, par des routes
millénaires, rejoignent Agadez. Djado est une ville fantôme,
avec un vieux fort délabré, déchiré par les
vents, et une oasis autrefois exubérante de vie. Par des pistes
oubliées, passant par des regs plats et caillouteux qui succèdent
à des mers de sables mous, on rejoint les plus hautes dunes du
Sahara, à Temet. Sables et rochers s’ y mélangent
dans un paysage lunaire.
Enfin l’Aïr nous accueille avec ses rochers érodés
par le vent, l’eau et le sable : les « montagnes bleues ».
L’incroyable oasis de Timia, où parmi palmiers et arbres
fruitiers, poussent les tomates les plus sucrées du monde. Les
merveilleux dessins rupestres vieux de milliers d’années,
rappellent la vie des bergers et des chasseurs, venus on ne sait d‘où,
qui habitaient le vert Sahara d’antan. Eléphants, buffles,
antilopes, girafes, y sont dessinés en des lignes nettes et sinueuses.
Presque une collection d’art moderne.
La magie du Gerewol
Agadez est l’étape obligatoire pour qui
part dans le désert. La bijouterie en argent et la maroquinerie,
artisanats peul et touareg, sont réputées et se négocient
à travers la ville.
Entre Niamey et Agadez, on traverse le territoire Touareg, les «
hommes bleus », les hommes voilés, à la beauté
et au charme mystérieux. Au soir, quand les chameaux se reposent,
les hommes dansent autour du feu la « danse des épées
», qui rappelle leur passé de nobles guerriers, alors que
les femmes jouent des tam-tams en chantant.
C’est aussi le territoire des Bororos ou Woodabes, appartenant au
groupe ethnique des Peuls : toutes les années ils conduisent leurs
troupeaux, des milliers d’animaux, à la « cure salée
». Dans un terrain où le sol est riche en sel, des centaines
de familles se rencontrent, se racontent les dernières nouvelles,
arrangent des mariages et envisagent des affaires.
Au soir, des jeunes, minces, en habits traditionnels entièrement
brodés et superbement maquillés de blanc, dansent en décrivant
de lents et séduisants mouvements. C’est la grande fête
du Gerewol : ce sera aux femmes de choisir le plus beau comme amant. Le
tam-tam, qui n’est bien souvent qu’un mortier sur lequel est
tendu une peau de chèvre, accompagne inlassablement les mélancoliques
chants du désert. La nuit les étoiles brillantes comme nulle
part ailleurs, font le spectacle au milieu de ce monde minéral
de sable.
msn Encarta Niger
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